Chemin critique : méthode, calcul et exemple résolu
Le chemin critique est la plus longue chaîne de tâches liées d’un projet. Sa longueur donne la durée minimale du projet — et chaque jour de retard sur ce chemin est un jour de retard sur la fin.
- L’idée de départ
- Le vocabulaire en six termes
- Passe avant : les dates au plus tôt
- Passe arrière : les dates au plus tard
- Marge totale et marge libre
- La procédure en cinq étapes
- Un exemple résolu : six tâches, quinze jours
- Le tableau des marges
- Ce que cela change en pratique
- CPM, PERT et chaîne critique
- Les erreurs qui faussent le calcul
- Marge négative : quand le calcul dit non
- Comment gantts.app le calcule — et en quoi cela diffère du manuel
- Le calculer sans le calculer
L’idée de départ
Toutes les tâches ne pèsent pas également sur l’échéance. Certaines disposent de jeu : elles peuvent glisser de quelques jours sans décaler la fin du projet. D’autres n’en ont aucun — elles forment le chemin critique. Sur un plan de soixante lignes, une dizaine de tâches seulement commandent la date de livraison. Le calcul sert exactement à distinguer les dix des cinquante.
La méthode s’appelle Critical Path Method, CPM en abrégé. Elle a été formalisée à la fin des années 1950 par Morgan Walker et James Kelley, pour ordonnancer des arrêts de maintenance d’usines chimiques où chaque jour coûtait cher. Soixante-dix ans plus tard, le calcul est le même et répond aux deux mêmes questions : combien de temps le projet dure-t-il au minimum, et quelles tâches ne doivent en aucun cas glisser ?
Le vocabulaire en six termes
Le calcul manipule six grandeurs par tâche, toujours les mêmes, et il vaut mieux les fixer avant de commencer :
- Début au plus tôt : la date la plus précoce à laquelle la tâche peut démarrer, compte tenu de ses antécédents.
- Fin au plus tôt : début au plus tôt + durée.
- Fin au plus tard : la date la plus tardive à laquelle la tâche peut se terminer sans décaler la fin du projet.
- Début au plus tard : fin au plus tard − durée.
- Marge totale : début au plus tard − début au plus tôt. Le jeu dont dispose la tâche vis-à-vis de la fin du projet.
- Marge libre : le jeu dont elle dispose sans décaler la tâche suivante.
Marge totale = début au plus tard − début au plus tôt = fin au plus tard − fin au plus tôt. Quand elle vaut zéro, la tâche est critique.
Passe avant : les dates au plus tôt
Partez du début du projet et avancez tâche par tâche, dans l’ordre des antériorités. La première tâche démarre au jour 0. Pour chacune des suivantes : le début au plus tôt est la plus tardive des fins au plus tôt de ses antécédents, et la fin au plus tôt vaut ce début plus la durée.
Le mot important est « plus tardive » : une tâche qui attend deux prédécesseurs n’attend pas le premier fini, mais le dernier.
La plus grande fin au plus tôt obtenue à la dernière tâche est la durée minimale du projet : aucune bonne volonté ne la raccourcit tant que durées et liens restent identiques.
Passe arrière : les dates au plus tard
Repartez maintenant de la fin, en sens inverse. On pose la fin au plus tard de la dernière tâche égale à la durée du projet trouvée par la passe avant — autrement dit, on s’interdit de rallonger le projet. Puis, pour chaque tâche en remontant : la fin au plus tard est le plus précoce des débuts au plus tard de ses successeurs, et le début au plus tard vaut cette fin moins la durée.
Ici le mot important est l’inverse du précédent : « plus précoce ». Une tâche qui alimente deux successeurs doit être prête pour le plus pressé des deux. Confondre les deux extremums est la seule vraie difficulté du calcul manuel.
Marge totale et marge libre
La marge totale se lit directement : début au plus tard moins début au plus tôt. Les tâches à marge nulle, mises bout à bout du début à la fin du projet, forment le chemin critique. Il en existe toujours au moins un, et souvent plusieurs en parallèle dans les plans très liés.
La marge libre est plus fine et bien plus utile au quotidien. Elle vaut le début au plus tôt du successeur moins la fin au plus tôt de la tâche. Elle répond à « puis-je décaler cette tâche sans déranger personne ? » Une tâche peut avoir trois jours de marge totale et aucune marge libre : la décaler d’un jour ne retarde pas le projet, mais oblige son successeur à bouger.
La procédure en cinq étapes
Avant de dérouler l’exemple, voici la marche à suivre complète, dans la convention où le projet démarre au temps 0 :
- Listez les activités et leurs antériorités. Chaque activité, sa durée, ses antécédents. Rien d’autre — surtout pas de dates saisies à la main, qui écraseraient le calcul.
- Construisez le réseau. Reliez-les depuis un début unique jusqu’à une fin unique. Toute activité sans antécédent part du début ; toute activité sans successeur rejoint la fin.
- Passe avant (début et fin au plus tôt). De gauche à droite : la première activité démarre à 0, la fin au plus tôt vaut début plus durée, et chaque début au plus tôt suivant est la plus grande des fins au plus tôt de ses antécédents. La plus grande fin obtenue à l’arrivée est la durée du projet.
- Passe arrière (début et fin au plus tard). De droite à gauche : la fin au plus tard de la dernière activité vaut la durée du projet, le début au plus tard vaut fin moins durée, et chaque fin au plus tard antérieure est le plus petit des débuts au plus tard de ses successeurs.
- Calculez la marge. Marge = début au plus tard − début au plus tôt. Les activités à marge nulle, mises bout à bout du début à la fin, forment le chemin critique.
Un exemple résolu : six tâches, quinze jours
Prenons l’installation d’un système de rayonnages dans l’entrepôt de Bertholin Distribution, à Chalon-sur-Saône. Le chantier démarre le lundi 7 septembre 2026, les durées sont en jours ouvrés, et chaque journée de dépassement coûte 1 200 € de location d’un entrepôt tampon.
| Tâche | Durée | Antécédents |
|---|---|---|
| A — Relevé et cadrage | 3 j | — |
| B — Étude d’implantation | 4 j | A |
| C — Commande des rayonnages | 2 j | A |
| D — Fabrication et livraison | 5 j | B |
| E — Reprise de la dalle | 6 j | C |
| F — Montage et essais de charge | 3 j | D et E |
Deux chemins mènent du début à la fin : A → B → D → F, soit 3 + 4 + 5 + 3 = 15 jours, et A → C → E → F, soit 3 + 2 + 6 + 3 = 14 jours. Le plus long l’emporte : le projet dure 15 jours ouvrés, du lundi 7 au vendredi 25 septembre. Vérifions-le par le calcul complet, qui donne en prime la marge de chaque tâche.
Passe avant (début au plus tôt, puis fin au plus tôt = début + durée) :
- A : 0 → 3 (lundi 7 au mercredi 9 septembre)
- B : 3 → 7, après A (jeudi 10 au mardi 15)
- C : 3 → 5, après A (jeudi 10 au vendredi 11)
- D : 7 → 12, après B (mercredi 16 au mardi 22)
- E : 5 → 11, après C (lundi 14 au lundi 21)
- F : 12 → 15, car F attend le plus tardif de D (12) et E (11) — mercredi 23 au vendredi 25
Passe arrière (fin au plus tard, puis début au plus tard = fin − durée), en partant de la fin au plus tard de F fixée à 15 :
- F : fin 15, début 12
- D : fin 12 (début au plus tard de F), début 7
- E : fin 12 (début au plus tard de F), début 6
- B : fin 7 (début au plus tard de D), début 3
- C : fin 6 (début au plus tard de E), début 4
- A : fin 3, car A alimente B (début au plus tard 3) et C (4) et doit satisfaire le plus précoce des deux ; début 0
Le tableau des marges
Il ne reste qu’à soustraire, ligne à ligne :
| Tâche | Début tôt | Fin tôt | Début tard | Fin tard | Marge totale | Critique ? |
|---|---|---|---|---|---|---|
| A | 0 | 3 | 0 | 3 | 0 | oui |
| B | 3 | 7 | 3 | 7 | 0 | oui |
| C | 3 | 5 | 4 | 6 | 1 | non |
| D | 7 | 12 | 7 | 12 | 0 | oui |
| E | 5 | 11 | 6 | 12 | 1 | non |
| F | 12 | 15 | 12 | 15 | 0 | oui |
Les quatre tâches à marge nulle — A, B, D, F — forment le chemin critique, celui que la comparaison des chemins laissait deviner. C et E ont chacune un jour de marge totale.
La marge libre affine la lecture. Pour C : début au plus tôt de son successeur E (5) moins fin au plus tôt de C (5) = 0. Décaler C d’un seul jour ne retarde pas le projet, mais décale bel et bien E. Pour E : début au plus tôt de F (12) moins fin au plus tôt de E (11) = 1. E peut glisser d’un jour sans gêner personne. Même marge totale, deux conversations très différentes.
Un contrôle utile : la marge d’un chemin vaut toujours la durée du projet moins la longueur de ce chemin. Le chemin A → C → E → F mesure 14 jours, 15 − 14 = 1, et C comme E affichent bien 1. C’est le moyen le plus rapide de vérifier votre propre arithmétique.
Maintenant, faites glisser quelque chose. L’étude d’implantation (B, critique) prend 6 jours au lieu de 4. Refaites la passe avant depuis B : fin au plus tôt 3 + 6 = 9, donc D démarre à 9 et finit à 14, et F attend le plus tardif de D (14) et E (11), soit 14 → fin à 17. Le projet a bougé jour pour jour : deux jours de retard, deux jours de plus, et 2 400 € d’entrepôt tampon. Rien n’a absorbé le retard parce qu’il n’y avait rien pour l’absorber. En revanche tout le monde s’est enrichi : refaites la passe arrière depuis 17 et C comme E disposent désormais de 3 jours de marge chacune. La marge ailleurs est fabriquée par le retard sur le chemin critique.
Maintenant, dépensez de la marge. Remettez B à 4 jours et laissez la reprise de la dalle (E, marge 1) prendre 9 jours au lieu de 6 — trois jours de retard sur une tâche non critique. La fin au plus tôt de E passe à 5 + 9 = 14, F attend donc le plus tardif de D (12) et E (14) = 14, et le projet se termine à 17.
Deux jours de retard, pas trois : le premier a été payé par la marge de E, seul le dépassement a atteint la fin. La marge est un budget, dépensable une seule fois. Et le chemin critique s’est déplacé : A → C → E → F mesure désormais 3 + 2 + 9 + 3 = 17, tandis que l’ancienne chaîne A → B → D → F, restée à 15, dispose de 2 jours de marge. Les tâches que vous protégiez ont cessé d’être celles qui comptaient, et rien ne vous l’aurait signalé sans un recalcul.
Ce que cela change en pratique
Le tableau dit où l’effort porte. Ajouter une personne sur C n’avance pas l’échéance d’une heure : C a déjà fini avant que le projet ne l’attende. Gagner un jour sur B en gagne un sur la fin du projet, parce que B est sur le chemin critique. C’est la seule information qui permette d’arbitrer une demande de renfort.
Il signale aussi un piège. Si C glisse de deux jours, A → C → E → F passe à 16 jours et devient critique à son tour, tandis que l’ancien chemin reste à 15. Le chemin critique est un instantané, pas une propriété figée : calculé une fois au lancement et jamais depuis, il désigne six semaines plus tard les mauvaises tâches.
Il change enfin la manière de rendre compte : « trois tâches en retard » ne veut rien dire tant qu’on ignore si elles sont critiques.
CPM, PERT et chaîne critique
Trois méthodes voisines se confondent facilement :
- CPM retient une durée unique et ferme par tâche, et se concentre sur le chemin critique et les marges. À privilégier quand les durées sont raisonnablement connues.
- PERT retient trois estimations par tâche — optimiste (O), probable (M), pessimiste (P) — et calcule une durée pondérée, généralement (O + 4M + P) / 6. Une tâche estimée 2 / 4 / 12 jours donne (2 + 16 + 12) / 6 = 5 jours, et non 4 : l’asymétrie devient visible. En pratique, on estime en PERT et on ordonnance en CPM.
- La chaîne critique, issue de la théorie des contraintes, ajoute la contrainte de ressources : deux tâches indépendantes confiées à la même personne ne peuvent pas se dérouler en parallèle, même si aucun lien ne les relie. Elle regroupe la marge cachée dans chaque tâche en tampons visibles, placés en fin de chaîne et devant les jonctions.
Les erreurs qui faussent le calcul
Quatre causes expliquent la quasi-totalité des chemins critiques faux :
- Des dates fixées à la main. Une contrainte « doit commencer le 12 » écrase le calcul et rompt la chaîne.
- Des tâches sans successeur. Elle reçoit une fin au plus tard égale à celle du projet, donc une marge fictive. Chaque tâche doit mener à une autre ou à la fin.
- Des liens décoratifs. Relier deux tâches parce qu’elles se suivent dans le tableur, et non parce que l’une attend l’autre, allonge artificiellement le chemin critique. Le test : si A finit plus tôt, B peut-elle commencer plus tôt ?
- Des durées gonflées tâche par tâche. Chacun ajoute 20 % de sécurité, la marge devient invisible et se consomme sans alerte. Mieux vaut des durées nues et une marge groupée en fin de chaîne.
Marge négative : quand le calcul dit non
Une marge négative n’est pas une marge : c’est un signal d’alarme. Elle apparaît quand le début au plus tard tombe avant le début au plus tôt, presque toujours parce qu’une date imposée — une réception contractuelle, un jour J d’événement, une échéance réglementaire — est antérieure à ce que la logique du réseau autorise.
Une marge de −4 ne veut pas dire « il reste −4 jours de jeu ». Elle veut dire : cette tâche aurait dû commencer il y a quatre jours. Sur un marché de travaux, c’est le nombre qu’on porte en réunion de chantier avant de demander un avenant, et non après.
Dans gantts.app, une tâche est considérée comme critique dès que sa marge est nulle ou négative : les tâches en marge négative apparaissent donc sur le chemin critique au lieu de disparaître dans une catégorie à part.
Comment gantts.app le calcule — et en quoi cela diffère du manuel
Ce point mérite d’être exposé sans ambiguïté, car notre passe avant n’est pas celle décrite plus haut, et la différence se voit dans la colonne des marges.
Le CPM des manuels ignore l’endroit où vous avez dessiné la barre : il place chaque activité au plus tôt que ses antécédents autorisent, si bien que la reprise de la dalle démarre au jour 5, que vous l’ayez posée là ou non. gantts.app applique un CPM « tel que placé » : chaque tâche démarre à sa propre date de début, et ses antécédents peuvent ensuite la repousser plus tard, jamais plus tôt. Dans le code, cela tient en un max : le début au plus tôt part de la date de la tâche elle-même, et un lien ne la relève que si la contrainte l’exige.
Posez la barre de E au jour 8 plutôt qu’au jour 5 et la différence devient un chiffre. Le manuel annonce toujours un début au plus tôt de 5 et une marge de 1. Nous annonçons un début au plus tôt de 8 et, la passe arrière restant inchangée (début au plus tard 6), une marge de −2 : la tâche est désormais critique, et en retard. Les deux réponses sont justes ; elles répondent à deux questions différentes. Le manuel demande quelle marge la logique autorise ; nous demandons ce qu’il reste de marge à ce plan, tel qu’il est dessiné.
La raison est que c’est avant tout un diagramme. Une passe avant qui déplacerait discrètement les tâches afficherait la marge d’un planning qui n’est pas celui à l’écran. Faire glisser une barre est une instruction : nous la traitons comme telle.
Le reste est conventionnel. La fin au plus tard est le plus petit début au plus tard parmi les successeurs (ou la fin du projet), la marge vaut début au plus tard moins début au plus tôt, et les décalages comme les liens autres que Fin-Début passent par la même passe. Trois points encore :
- Marge totale uniquement. Un seul chiffre par tâche, et c’est la marge totale. Il n’existe pas de colonne de marge libre dans l’application : la distinction expliquée plus haut reste un raisonnement que vous menez, pas une colonne que vous lisez.
- Les récapitulatives n’ordonnancent pas. Le calcul porte sur les tâches terminales et les jalons ; les barres de groupe ne sont que la synthèse de leurs enfants.
- En jours ouvrés, quand un calendrier est actif. Le calcul travaille en rangs de jours ouvrés, si bien qu’un décalage de 5 signifie cinq jours ouvrés et qu’un successeur atterrit un lundi, pas un dimanche — ni un lundi de Pentecôte si vous l’avez déclaré.
Pour retrouver le comportement du manuel — tout ramené au plus tôt que la logique autorise —, utilisez Replanifier. Cette commande refait la passe avant avec une règle changée : une tâche pourvue d’antécédents est pilotée uniquement par ses contraintes, sans égard pour l’endroit où elle se trouve, tandis que les tâches sans antécédent restent en place et servent d’ancres. Appuyez dessus, et les deux méthodes coïncident.
Le calculer sans le calculer
Faire les deux passes à la main une fois est le meilleur moyen de comprendre la méthode — mais personne ne recommence à chaque estimation modifiée. Un calcul manuel est juste le jour où on le fait, et faux le lendemain.
gantts.app recalcule le chemin critique et les marges à chaque frappe, dès que les tâches et les liens d’antériorité sont saisis, et met le chemin en évidence sur le diagramme. Modifiez une durée ou un lien : le nouveau chemin apparaît immédiatement. Le tout dans le navigateur, sans compte ni installation, avec export Excel, PowerPoint, PDF ou PNG.
Vous débutez ? Commencez par ce qu’est un diagramme de Gantt, puis la méthode en sept étapes.
En pratique, sur l’exemple Bertholin :
- Saisissez les six tâches avec + Tâche, ou collez-les d’un coup via ✨ Coller vers Gantt en écrivant
Fabrication et livraison (5j) après Étude d’implantation. - Ouvrez Calendrier de travail et déclarez vos jours fériés : un chemin critique calculé sur des jours calendaires est faux dès qu’il traverse un pont.
- Double-cliquez sur une ligne et renseignez Après (prédécesseurs) — pour F, indiquez à la fois D et E ; c’est cette double antériorité que le calcul manuel gère le plus mal.
- Cliquez sur Replanifier si vous voulez le comportement du manuel, c’est-à-dire chaque tâche ramenée à sa date au plus tôt.
- Cochez Chemin critique : les barres critiques se hachurent, et la légende rappelle que « hachuré = chemin critique ».
- Ouvrez Tableau pour lire les dates et les liens ligne à ligne, puis Télécharger le CSV si vous voulez refaire les soustractions vous-même.
- Changez une durée et regardez le chemin se déplacer — c’est exactement ce qui s’est produit avec la reprise de la dalle passée à 9 jours, et c’est l’argument décisif contre un calcul fait une fois pour toutes.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que le chemin critique ?
La plus longue chaîne de tâches liées d’un projet. Sa durée correspond à la durée minimale du projet, et ses tâches n’ont aucune marge : chaque jour perdu sur l’une d’elles est un jour perdu sur la livraison. Un retard sur une tâche hors chemin critique, en revanche, peut n’avoir aucune conséquence.
Comment calculer le chemin critique ?
En deux passes. La passe avant part du début et calcule pour chaque tâche le début et la fin au plus tôt, le début étant la plus tardive des fins de ses antécédents. La passe arrière repart de la fin et calcule les dates au plus tard. La marge totale vaut ensuite début au plus tard moins début au plus tôt, et les tâches à marge nulle forment le chemin critique.
Quelle différence entre marge totale et marge libre ?
La marge totale est le retard qu’une tâche peut prendre sans décaler la fin du projet. La marge libre est le retard qu’elle peut prendre sans décaler la tâche suivante. Une tâche peut avoir trois jours de marge totale et zéro marge libre : la décaler ne met pas le projet en danger, mais oblige immédiatement son successeur à bouger. Attention : gantts.app n’affiche que la marge totale — il n’y a pas de colonne de marge libre, celle-ci reste un raisonnement à mener soi-même.
Peut-il y avoir plusieurs chemins critiques ?
Oui. Dans un plan très lié, plusieurs chaînes parallèles peuvent avoir exactement la même longueur et sont alors toutes critiques. Le risque augmente nettement, puisqu’un retard sur n’importe laquelle d’entre elles décale la fin, et qu’aucune ne peut absorber celui des autres.
Quelle différence entre CPM et PERT ?
CPM travaille avec une durée unique par tâche et cherche le chemin critique et les marges. PERT utilise trois estimations — optimiste, probable, pessimiste — pondérées par la formule (O + 4M + P) / 6 pour tenir compte de l’incertitude. Les deux se combinent très bien : on estime en PERT, on ordonnance en CPM.
Pourquoi mon chemin critique s’arrête-t-il au milieu du plan ?
Presque toujours à cause d’une date imposée ou d’une tâche sans successeur. Une contrainte de date fixe remplace le calcul et rompt la chaîne ; une tâche qui ne mène nulle part reçoit une marge fictive. Vérifiez que chaque tâche possède au moins un antécédent et un successeur, et supprimez les dates saisies à la main.
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